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SCIENCE ET FOI - ACTUS - ARTICLES

Le bouleversant témoignage d'un condamné à mort



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22 Janvier 2018

Je meurs à minuit - Ernest Gaither Jr.



Extrait du livre "God on Death Row"

Le bouleversant récit d'un condamné à mort - 9 Septembre 1947


Un livre de Michael Nadraus

Quand vous lirez ceci, je serai mort.
Mais n'ayez pas peur de lire le récit d'un mort.

Pour l'instant, alors que je débute mon récit, je suis vivant plus que jamais.
Nous sommes le mardi 9 septembre 1947. Je suis programmé pour être mis à mort jeudi minuit, pour meurtre. Assis dans ma cellule, dans la prison de Cook County, j'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir.
Quelques-unes de mes réflexions - en fait un avertissement adressé aux criminels - ont été publiées aujourd'hui dans le Chicago Tribune sous le titre "Une note à l'intention des vrais durs". Cet après-midi je l'ai lue pour une émission de radio. Mais ce n'est qu'une partie de mon histoire.

Aujourd'hui je peux tout raconter, parce je n'ai pas peur de parler.

Je vais bientôt mourir. Je n'ai que 23 ans, mais je suis prêt à partir. Si à l'instant mon temps était terminé, je serais prêt à rencontrer Dieu. Je suis réellement heureux.
Cette semaine, j'ai fait un rêve que j'emporterai avec moi jusqu'à la chaise électrique. J'étais en route vers le ciel. Jésus marchait avec moi, mais je faisais quatre pas, le temps qu'Il en fasse deux.
Il m'a demandé pourquoi j'allais si vite. Je Lui ai répondu que j'étais pressé d'arriver. Puis je me suis retrouvé là, entouré par beaucoup d'anges.

Certaines personnes penseront que c'est des paroles bien étranges pour un gars qui était athée quand il est arrivé en prison. Mais c'est exactement ce que je ressens. Vous allez mieux comprendre quand je vous aurai raconté comment j'ai rencontré Dieu, un matin de bonne heure.

Mais d'abord, jetons un coup d'oeil sur mon passé. Il y a sept ans, j'étais un type qui faisait le malin, j'étais le chef de mon propre gang de durs. Nous étions huit. Un gars s'appelait EarI Parks, surnommé "Risette", parce qu'il pouvait vous tuer tout en gardant le sourire. Un autre s'appelait Charles Jones, connu comme "Le beau gosse", parce qu'il avait une belle allure. Les autres : Herbert Liggins, appelé "Patte folle", parce qu'il traînait une jambe, William Lee surnommé "Bill le Sauvage", et Charles Hill surnommé "Colorado Kid"; Clyde Bradford, lui, était si noir qu'on l'appelait "Bleu foncé".
Le chauffeur était Percy Bellmar. Nous l'avions appelé comme ça parce que c'était un bon chauffeur; c'était mon chauffeur n° 1.

Tous sont en prison sauf Parks qui a été exécuté pour meurtre.

Moi, ils m'appelaient "Petit Gaither, le flambeur et le coureur de femmes". J'essayais d'agir comme une grosse pointure, toujours prêt à sortir une ou deux liasses de billets.
Quand j'ai commencé, j'étais juste un gosse. Ma famille cherchait à m'envoyer à l'école du dimanche et à l'église. Plus d'une fois, ils m'ont donné une pièce pour que j'y aille avec mes jeunes soeurs. Mais je n'y suis jamais allé. Je leur faisais promettre de ne rien dire, et pendant ce temps j'allais au cinéma. Je passais une bonne partie de la journée au cinéma et je disais à mes parents que j'étais allé à l'église. Et ils ne voyaient rien.

Le crime était en moi, et les films que je voyais me donnaient des idées.
J'y ai appris plein de trucs pour savoir comment faire. Je me rappelle quand j'ai vu le film "J'ai volé un million", je voulais être ce gars qui avait piqué un million.
Puis j'ai décidé de faire de la boxe, parce que je me pensais que j'étais un dur et que ça pourrait me protéger. Un jour ça pourrait toujours me servir. Pendant un temps j'étais le plus fort de ma classe, puis je suis devenu pro en 1938, et j'ai fait des combats comme mi-lourd, et j'ai fini dans la division des lourds-légers. Le seul qui avait réussi à me mettre KO, c'était Jimmy Bovins.

A 18 ans, je me suis retrouvé en maison de correction dans l'illinois, pour vol à main armée. En septembre 1941, huit d'entre nous se sont échappés, mais le mois suivant je me suis retrouvé au pénitencier Joliet. J'étais tombé pour un meurtre dans un parc de Chicago, mais j'ai été libéré sur parole en juin 1946. Ca aurait dû me servir de leçon, mais ça n'a pas été le cas.
Six mois plus tard, j'étais le chef d'un nouveau gang ; ça a duré jusqu'au 9 février dernier. Ce soir-là, trois d'entre nous ont braqué Max Barren, 49 ans, dans son bar, à Chicago Ouest. Barren a essayé de prendre un pistolet ; je lui ai sauté dessus pour lui enlever son arme, mais il ne s'est pas laissé faire. Je savais que c'était lui ou moi.
Alors j'ai tiré et je l'ai tué.

Nous avons filé avec l'argent, à peine 300 dollars que j'ai donné aux autres après coup. Je me suis enfui à New York, puis à Atlanta, et c'est là que la police m'a arrêté.
Quelques semaines plus tard j'étais devant le tribunal de Chicago. "Reconnu coupable.." - c'était le verdict du jury - "... qui vous condamne à mort" ajouta le juge avec sévérité.

C'est comme ça que je me suis retrouvé dans le couloir de la mort.
J'étais derrière les barreaux depuis pas très longtemps, le 23 mars dernier, quand une femme, Mme Flora Jones de l'Eglise Baptiste de l'olivier, est venue m'inviter à un culte gospel pour les détenus. A ce moment là j'étais en train de jouer aux cartes avec d'autres copains et je lui ai ri au nez.
"Pourquoi faire ? Je ne crois même pas qu'il y ait un dieu ! " et j'ai continué à jouer alors qu'elle continuait à essayer de me persuader. En fait je me sentais tellement plein de péché que je ne voulais rien savoir de Dieu, même s'Il existait. Alors j'ai ignoré cette femme.
Tout-à-coup elle a dit un truc qui a attiré mon attention. "Si vous ne croyez pas en Dieu" - a-t-elle crié de l'autre côté des barreaux - "faites juste une petite expérience : ce soir avant d'aller dormir, demandez-Lui de vous réveiller à l'heure que vous voudrez ; puis demandez-Lui de vous pardonner votre péché."
Elle avait vraiment de la foi. Et ça m'a touché.
Je ne suis pas allé au culte, mais j'ai décidé de faire l'expérience. Allongé sur mon lit j'ai marmonné "Dieu, si Tu es réel, réveille-moi à 2 heures 45."
Dehors, c'était l'hiver, et les fenêtres étaient givrées.
Pendant les premières heures de la nuit, j'ai dormi profondément, puis je n'avais plus sommeil et je me suis retrouvé complètement réveillé. J'avais chaud et je transpirais alors qu'il faisait froid dans la cellule.
Tout était calme, à part le bruit des détenus qui respiraient fort, et celui d'un voisin qui ronflait. Puis j'ai entendu les pas dans le couloir. C'était un gardien qui faisait sa tournée d'inspection. Quand Il est passé, je l'ai arrêté " Quelle heure il est ? " Il a regardé sa montre " Trois heures moins le quart ".
Je lui ai dit " C'est la même chose que 2 heures 45 " , alors que je sentais mon coeur taper fortement dans ma poitrine.

Le gardien a grogné un coup, et il est parti. Il ne m'a pas vu descendre de mon lit et me mettre à genoux. Je ne me souviens pas exactement de ce que j'ai dit à Dieu, mais je Lui ai demandé de me pardonner, moi un sale meurtrier et un pécheur.
Je sais que cette nuit là, Il m'a sauvé. Depuis ce moment là, j'ai cru en Son Fils Jésus.

J'avais promis de mettre une dérouillée à un autre détenu le lendemain. Le matin, quand je suis allé vers lui, il a reculé et m'a dit, " je ne veux pas me battre avec toi, tu t'y connais trop bien en boxe " .
Je lui ai répondu "Je ne veux pas me battre, je veux juste te voir ". Plusieurs détenus nous avaient entourés pour voir la bagarre, mais ils ont été déçus.
Dieu m'avait délivré de mes péchés. Pourquoi est-ce que je voudrais me battre ? Plus tard, le bruit a couru que je préparais un truc pour éviter la chaise électrique.

Mon dossier a été ré-examiné plus tard devant la cour suprême de l'Illinois, mais ils ont maintenu la condamnation à mort.
Cela m'a fichu un coup, mais je n'ai pas perdu ma foi en Dieu. Je sais qu'Il viendra avec moi. Alors vous voyez, je n'ai vraiment pas peur.
Avant de mourir, je veux laisser un message pour les autres jeunes :
Commencez à servir le Seigneur pendant que vous êtes jeunes. Avancez sur ce chemin là, et cela vous gardera. Quand le crime vous met le grappin dessus, c'est difficile d'en sortir. C'est exactement comme l'habitude de fumer ou de boire, une fois que vous êtes dedans, vous ne pouvez pas arrêter.

Oui, je serai mort quand vous lirez ces lignes, mais s'il vous plait, écoutez mon conseil :
" Le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur " c'est ce que dit la Bible (Romains 6:23). J'ai découvert que c'est vrai.


Peter Tanis, un missionnaire auprès des prisons de la Mission Pacific Garden a accompagné Ernest Gaither à la chaise électrique. Ce qui suit est son récit des dernières heures du détenu.

J'ai été autorisé à entrer dans la cellule d'Ernest à peu près une heure avant minuit. L'atmosphère était pesante et les gardiens qui se tenaient aux environs de sa cellule, bavardaient pour détourner leur pensée du "voyage de minuit". Mais leur conversation était forcée, et ce qu'ils disaient n'avait aucun sens comme quand on parle sans savoir quoi dire.
Quand je suis entré dans sa cellule, Emest m'a souri et m'a salué. Un aumônier était en train de lire la Bible avec lui. Il m'a donné le Livre et m'a demandé de lire un passage. J'ai choisi le premier chapitre de la lettre aux Philippiens.
Ernest s'est penché vers l'avant et a écouté attentivement tandis que je lisais : "Pour moi, vivre c'est Christ, et la mort m'est un gain... je suis pressé des deux côtés : j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ".
Ca semblait être un de ses passages favoris, avec le Psaume 23.
Le verset 4 lui faisait beaucoup de bien : "Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi. Ta houlette et ton bâton me rassurent ". Il le citait de mémoire, alors que l'horloge égrenait la dernière heure de sa vie. Dehors les gardiens écoutaient silencieusement, quelques-uns avaient les yeux pleins de larmes.
A 11 heures 30 environ, nous avons eu un moment de cantiques. Ernest dit qu'il aimerait chanter : " Quand l'appel de Dieu retentira, je serai là. " Et bientôt les couloirs se remplirent de sa voix de ténor, accompagnée de celles des gardiens qui ne chantaient pas tout à fait juste.
Tandis que les derniers sons d'un autre cantique "Juste une conversation avec Jésus" s'évanouissaient, les gardiens vinrent avec une tondeuse pour couper les cheveux de l'homme à la voix de ténor.
Juste avant minuit, Ernest pria : " Dieu ", commença-t-il à voix basse, " quand je suis entré ici, je haïssais ces gardiens ; mais maintenant, Seigneur, je les aime. O Dieu, j'aime tout le monde. "
Puis il pria pour ceux qu'il avait fait souffrir, pour sa mère, demandant au Seigneur de la bénir; et Il conclut :
" Seigneur, Je ne vais pas mourir par électrocution, je vais juste m'asseoir sur la chaise et m'endormir. "

Un moment plus tard, une cagoule noire fut posée sur sa tête, et il parcouru les derniers mètres. De chaque côté se tenaient des gardiens qui paraissaient visiblement nerveux. Ernest le sentit et leur dit: " Eh les gars, pourquoi vous tremblez ? Je n'ai pas peur. "
Maintenant, 75 témoins étaient présents quand des mains fébriles attachèrent la silhouette cagoulée sur la grande chaise noire qui contrastait avec le plancher en acier inoxydable. Puis, pendant deux minutes - qui parurent des heures - un assistant s'affaira fébrilement sur une électrode défectueuse.

Enfin, à 0 heure 03, le premier des trois chocs électriques traversa son corps.
A minuit et 15 minutes, 5 docteurs se succèderent et confirmèrent sa mort l'un après l'autre.

Mais je savais que le vrai Ernest Gaither était encore vivant - c'est seulement son corps qui était mort.
En quittant la prison, je pensais au verset qu'il aimait tant : " Pour moi vivre c'est Christ, et la mort m'est un gain. "


Source : God on Death Row - Michael Nadraus

Notre commentaire
Un témoignage poignant qui rappelle à chacun de nous qu'au-delà nos questionnements (parfois légitimes), nous avons rendez-vous avec l'éternité. Et sur ce sujet, la Bible a effectivement des vérités précieuses à nous enseigner - qui sont confirmées par l'expérience d'innombrables témoins.
Puissions-nous en tenir compte.